Poème
Les hiboux
Sous les ifs noirs qui les abritent, Les hiboux se tiennent rangés, Ainsi que des dieux étrangers, Dardant leur oeil rouge. Ils méditent. Sans remuer ils se tiendront Jusqu'à l'heure mélancolique Où, poussant le soleil oblique, Les ténèbres s'établiront. Leur attitude au sage enseigne Qu'il faut en ce monde qu'il craigne Le tumulte et le mouvement, L'homme ivre d'une ombre qui passe Porte toujours le châtiment D'avoir voulu changer de place.
Commentaires (2)
29-12-2012 pour J. N. * * Des pages d'un livre il s'abrite Dans son bureau si bien rangé. Le reste lui est étranger : Il lit, il écrit, il médite. * Ceux qui un beau jour détiendront Tous ses écrits mélancoliques Y trouveront un sens oblique Qu'à grand-peine ils établiront. * Il n'est pas de ceux qui enseignent, Encore moins de ceux qui craignent. Il vit presque sans mouvement, * Ce penseur, nuage qui passe, Récompense ni châtiment En son coeur ne trouvent de place. *
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/13/baudelaire-voit-un-ermite/
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