Poème d’un membre
Les meutes en procession
par ATOSMembre
Aux pieds des mono-tons et des infâmes L'usure encorne les retables. Grande porte à la hanche du diable. Renifle bien le bruit de leurs étables ! Écoute, les chiens s'approchent! A leurs bois pesants et lourds vient pendre la nacelle des vautours. Il faut croire que la plaine rampe dans le remugle des vilains jours. Il fait noir soleil sur la croix d'or Il sont si bruns de tout leur sort. Il connaissent si bien la haine. C'est elle qui les engrosse et les fait naître. Ses pleines mamelles tressent les fils croisés de leurs crochets. C'est elle qui dresse si fort cette langue au bout de leur queue enfiellée. Et c'est son laid qui dessine sur leur face cette bouffonne grimace qui leur tient si mal de vilaine farce. Écoute, on tient les chiens en laisse ! Ils sont nombreux peut être, mais regardent comme ils sont peu. Ils bottent déjà l'azur. Ils casquent la devanture. L'insigne porte à leur gorge la bave noire de leurs méfaits. Cherche le maître et tu auras la bête ! Paris est pleine de hyènes, ça pue l'ordre et puis quarante, ça pue les bruits de glace. Ça pue le bûcher de nos sonnets. Les chiens sont dans la rue N'attends pas l'ordre du maître Il t'en reviendra des cendres. Les chiens couvrent toujours l'émeute. Ils tirent sur leur laisse, c'est leur instinct qui les commande. Il fait soleil noir sur la croix d'or Il sont si bruns de tous leurs pores. Ne laisse pas, les chiens porter l'auge du maître. Abats le maître, et tu chassera ses bêtes. Les chiens, dis toi que ça se fait taire, sinon, c'est eux qui te jetteront en terre.
Commentaires (2)
Magnifique. Ça me parle particulièrement ce texte, est-ce que je peux le partager sur ma page? Avec mention bien entendu. Merci de ce souffle.
Oui la Rouge tu le peux. tu me fais suivre le lien ok ? Amtiés. Astrid
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