Poème d’un membre
Les Rois Mages
par ATOSMembre
Ils sont trois. Trois amis qui ne se sont rien promis Et qui ne partagent que leur vie... Ils suivent le temps, Se regardent souvent. Chacun est là, Et connait l'empreinte Que laisserait celui qui n'y serait pas. Mais ils ne s'y arrêtent pas. Tout à chacun, Sans quant à soi, Le printemps n'attend pas. Ils savent qu'ils sont importants. Importants, Comme le sont les roses et la pluie de l'orage. Chacun a sa part, Aucun ne se fait juge, Chacun a son pas. Ils chassent leur peine le long de la Seine. Ils sont trois. Trois amis qui connaissent le fracas de la vie, Et l'espoir que murmure la nuit. Ils protègent les poulbots, Saluent les galibots, et rêvent de Margot. Ils s'endorment sous les saules Un peu gris, souvent heureux, Parfois repus. Ils partagent le monde : La lune, les brumes, Les rires, et les tourments. Ils savent la fragilité des hommes et l'équilibre des choses. Ils suivent le temps et l'accompagnent, Nonchalants . Ils sont la trinité des simples, Justes et précieux, Solides et silencieux. Nul ne se souvient de les avoir vus séparément. Nul ne souvient de ce qui les accorda si solidement. Cela a du être emporté par le vent, il y a si longtemps. Ils sont là, assoupis à l'ombre d'un talus, Et le petit matin les découvre Têtes en populages Mains en folles avoines Et pieds en liserons sages. Ils sont trois, Pèlerins ou baladins, Mais en toute chose frères humains. Importants Comme l'est la pluie pour les roses, Le rire des poulbots après l'orage. Le retour des galibots après l'ouvrage, Et le sourire de Margot. Ils sont rois. Et s'en remettent au chemin.
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