Poème d’un membre
L'étang
par ATOSMembre
Étendue sur les mousses blanches, une souche en partance semblait m'attendre. Le reflet d'un muret cachait l'ombre des genets. L'étang semblait ici en toute chose se comprendre. Le vent vif battait les cils de ses rives. Je m'asseyais, faisant face à ce visage. Des bruits galopaient vers les souches. Une oie entre ses plumes tenait au loin son propos. L'air était opaque Mais, l'écorce claire semblait poser ses mains sur le velours de sa peau. Novembre fuyait déjà vers les coteaux. Décembre ne tarderait pas à descendre. J'étais bien, j'étais seule. Le temps trouvait son repos. La mue des grands chênes reposait sur les terres. Une bogue vint piquer au vif cet émoi. Le bois de sa robe réchauffait le ventre du monde. Je plongeais dans la mémoire des vins chauds. À l'heure où le bonsoir soulevait le marteau de nos portes Une châtaigne tomba dans le ruisseau. L'étang s'enveloppa lentement dans sa brume. A ses pieds reposait une souche fidèle et sur son dos vint se poser un château. Son salut raccompagna le reflet de mes pas.

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