Poème
L'Étoile de Vénus
par Raymond RADIGUET
Après d’Avril la verte douche, Dans ton hamac, dans ton étoile, Au milieu du ciel tu te sèches. Recommence ! d’une fessée, Insolente, récompensée, Sous l’étoile des maraîchers, Leurs tombereaux de grosses roses Que par gourmandise l’on baise, Joues jalouses du châtiment Que, jaillie hors du gant, ma main, Frais jet d’eau, inflige à leurs sœurs, Les fruits qui fondent dans la bouche Avec le sucre du péché, Les transporte sur nos marchés Conduit, Vénus, par ton étoile, En charrette, un de nos rois mages. Ils ne t’auront pas empêché De prendre du ciel le chemin. Pourquoi donc après être né Faudrait-il, Vénus, que l’on meure ? Mais de sa dernière demeure Déesse, au moins, laisse le choix À ce serviteur que tu choies Au point de l’admettre en ta couche ! Au fond du ciel, non de la mer, Prise aux filets que tu tendis, Si tu veux, ondine de l’air, Que ton cœur, ton corps, je réchauffe, Ne me promets ton paradis, Mais, dans les Méditerranées, De dormir où Vénus est née !
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