Poème d’un membre
L'hirondelle et le moineau
par guillaumePrevelMembre
"Hirondelle, pourquoi files-tu si vite, Vers tes contrées lointaines d'Afrique; Alors que nous sommes ici en pays idyllique? Faut-il vraiment qu'à la fin de l'été tu nous quittes?" C'est ainsi que parlait un frêle moineau A une belle hirondelle qui frôlait l'onde de l'eau "Je ne peux doux moineau hélas, Rester davantage en ces lieux si radieux Soient-ils; sans craindre venir de ces cieux, Ma mort prochaine par la froidure et la glace!" "Ne crains pas cela, répond sincérement l'innocent moineau, J'ai passé fièrement un hiver Bien blotti et serré contre les plumes de mes frères Et si tu restes avec moi nous verrons un printemps plus beau!" "Adieu, lui répond l'hirondelle, Avant de s'élever rapidement dans le ciel. J'espère te revoir sain et sauf à mon retour, Et que tu aies raison dans l'assurance de ton discours!" Parlant ainsi elle s'éloigne Vers les pays d'Afrique qui la soigne Des maux terribles de l'hiver, En survolant ce beau pays aux chatoyantes rivières. Au printemps suivant, elle revint tenant sa promesse Et fit un détour pleine d'allégresse Pour saluer son ami le moineau Qu'elle ne trouva guère, un jour des plus beaux. Elle passa, repassa pour trouver son ami Et rencontra l'un de ses frères, à la mine meurtrie. "Mon frère est mort cet hiver, lui raconta ce dernier" L'hirondelle le pleura avant de se retirer, Puis prise de remord, revint voir le petit moineau Et lui donna ce conseil: "Aux premiers grands froids petit oiseau, Ne tombe pas de sommeil Mais gagne les pays du soleil riant, Si tu veux revoir un nouveau printemps triomphant!" "Je te remercie belle hirondelle du conseil, Mais j'ai moi-même tenu fièrement cet hiver Blotti contre mes frères, privés de soleil Et c'est ici la terre de mes pères!" Au printemps suivant l'hirondelle repassa Mais ne s'arrêta guère pour voir les dégâts Causées par les neiges, chez ses amis les moineaux Pour ne pas à avoir à compter le nombre des tombeaux. 27 septembre 2013
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