Poème d’un membre
Ne perdons plus de temps
par dutaillyphilippeMembre
Plus je te regarde, plus je te trouve belle d'une beauté savante de femme qui connaît le pouvoir de ses formes, les effets de ses grâces. Je laisse mon regard zoomer ce souvenir dans une pellicule, tirée en positif, que je développerai, en des temps négatifs, lorsque mes yeux vitreux ne verront plus que moi ou bien si peu du monde qui fera le dehors quand mon excès de vie me fera mal au corps et qu'il m'interdira jusqu'aux rêves puissants. La sève ne monte plus à nos derniers printemps quand vient cette vieillesse que l'on ne chante pas ! le miroir montrera des masques défraîchis et d’anciennes photos salueront ce gâchis "quoi ! Ce vieux laideron fut cette jolie femme ?" et l'image de la belle tuera la vieille dame. mais nous qu'aurons nous fait de nos heures abondantes si ce n'est nous sculpter des rides désolantes ? Tu seras, à mes yeux, un peu de mon histoire. Je serai, à tes yeux, un peu de ta mémoire. Aurais-je, toujours en moi, l'envie de t'enlacer malgré tes cheveux blancs et ta face plissée ? tu prendras mes avances, peut-être à reculons, en pensant à mon cœur, quelle sotte dérision ! aurais-je encore l’influx pour être présentable ou bien l’âge trop long aura éteint ma flamme et mes mains décharnées ne soupèseront plus tes deux seins déformés qui ne m'attendront plus. Nos pulsions seront-elles toujours dévorantes ou alors la télé calmera nos attentes. Aussi, ma femme, tant que je suis robuste, que ta jeune silhouette force encore l'harmonie, ne laissons pas mourir les instants superflus, les temps morts de jeunesse sont vite temps perdus ! et comme l’écureuil qui, tout l’été durant, amasse des noisettes en vue du grand hiver, faisons l'acte d'amour dès le moindre désir, nous nous en souviendrons comme le fruit du plaisir..... 06 10 1991
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