Poème d’un membre
Nos cités
par leutchaMembre
Nos cités jadis étaient couronnées d’or et portaient en public le trophée de leurs jours de beauté et de bonne santé à ses journées et à ses années elles servaient jambons et fromage vestes et gandouras frigos radios et télés les ouvriers dans leurs multiples usines arboraient un visage de bouquet de fleur on bouffait chaque jour et à chaque heure des corbeilles de viande de bœuf des paniers d’œufs des cuvettes de coqs ou de boucs des têtes de chèvres ou de béliers on s’enivrait matin et soir de vin rouge de vin blanc de bières et de champagnes on était reine de table et esclave du ventre tout baignait dans un azur de lumière Le soleil à présent éteint a ses rayons et nos cités ont le visage d’une clinique de lépreux une odeur de plaies et d’ulcères visite ses rues tièdes et ses tristes avenues les marchands d’antan totalement ruinés le corps ont caché sous des haillons la nuit les couteaux ici déchiquettent abondamment la vie les usines de nos citées encombrées ne fument plus leurs géantes pipes ce sont des monstres de fer et d’acier aux yeux de géants mythologiques le vent les tord à minuit en poussant de grands cris debout sur des marécages de poix noirs nos usines sont des nids adipeux productrices de bêtes monstrueuses armés d’épées impitoyables qui chaque soir pénètrent ex abrupto dans l’univers des familles aux estomacs rongés par la famine et torturent parents et enfants et sans aucune pitié tuent leurs globules rouges et blancs et ricanent en leur tranchant la tête et les savants en vain se démènent comme de beaux diables pour mettre fin à leur tyran empire et nos leaders au champ d’honneur les affrontent avec les canons du verbe et les parents et les enfants crient souffrent gémissent et meurent et la débine enrichit jour et nuit nos multiples fosses communes
Connectez-vous pour laisser un commentaire.