Poème d’un membre
Paysages de mépris
par MokhtarElAmraouiMembre
Tu supportes les coups qui t’accablent Et les symphonies folles des loups. Aussi nu que le fer, Tu dévores la rouille. Fragile comme le ver, Sous un éclair, Tu marches, chantes et danses Sur la terre qui tourne Et que tu retournes Dans sa rondeur pleine d’eau, De sève, de pétrole, De fer, d’or, De cuivre et d’acier. Purs minerais, Immenses trésors Enfouis dans sa chaleur. Terre accroupie Aux tresses d’asphalte, Ô rondeur charitable ! Ô terre aveugle ! Tu sens, tu caresses, Tu te réveilles et te couches, En serrant les mains misérables Des misères de ceux qui te travaillent. Ô rondeur charitable ! Ô terre aveugle ! Ne les reconnais-tu pas, ces mains ? Pour toi, tous les doigts se ressemblent. Mais il y a les mains des voleurs Qui volent tout Et ne laissent rien A ceux qui te connaissent, Chantent, dansent et suent Sur tes flots flancs d’amour terrestre et chaud. Ô rondeur charitable ! Ô terre aveugle ! A ceux qui te donnent rendez-vous, Chaque jour, chaque nuit, Chaque siècle et toujours. A ceux qui, pour toi, ont le dos courbé, Tes fruits doux sont défendus. © Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"
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