Poème
Quand celle j'oy parler qui pare nostre France
Quand celle j'oy parler qui pare nostre France, Lors son riche propos j'admire en escoutant ; Et puis s'elle se taist, j'admire bien autant La belle majesté de son grave silence. S'elle escrit, s'elle lit, s'elle va, s'elle dance, Or je poise son port, or son maintien constant, Et sa guaye façon ; et voir en un instant De çà de là sortir mille graces je pense. J'en dis le grammercis à ma vive amitié, De quoy j'y vois si cler ; et du peuple ay pitié : De mil vertus qu'il voit en un corps ordonnees, La dixme il n'en voit pas, et les laisse pour moy : Certes j'en ay pitié ; mais puis apres je voy Qu'onc ne furent à tous toutes graces donnees.
Commentaires (1)
Deux étions qui aimions nous tenir auprès d'elle, D'abord notre bon sens a dû s'en estourbir. Elle, muse, sirène, antilope, hirondelle, Ce qu'elle nous fit voir on aima le subir. Faisant trembler les corps dans un ardent désir, Distillant chaque jour une phrase nouvelle, Elle nous mit au lieu où l'on ne sait choisir... Hélas, sur ses portraits, comme je la vois belle ! C'est sur la poésie que mon explication A porté, même si tu as la tentation De penser que je fais le portrait d'une muse. Muse sans poésie, ce ne serait qu'un jeu, Poésie sans la muse aurait bien faible enjeu. Il est des mythes dont jamais nul ne s'abuse.
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