Poème
Rue Aubry-le-Boucher (en démolition)
par Robert DESNOS
Rue Aubry-le-Boucher on peut te foutre en l’air, Bouziller tes tapins, tes tôles et tes crèches Où se faisaient trancher des sœurs comaco blèches Portant bavette en deuil sous des nichons riders. On peut te maquiller de béton et de fer On peut virer ton blaze et dégommer ta dèche Ton casier judiciaire aura toujours en flèche Liabeuf qui fit risette un matin à Deibler. À Sorgue, aux Innocents, les esgourdes m’en tintent. Son fantôme poursuit les flics. Il les esquinte. Par vanne ils l’ont donné, sapé, guillotiné Mais il décarre, malgré eux. Il court la belle, Laissant en rade indics, roussins et hirondelles, Que de sa lame Aubry tatoue au raisiné.
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