Poème
Sept ballades de bonne foi - Ballade pour les clochers de France
par François COPPÉE
Chrétien de cœur, sinon de foi, Que la raison maussade éclaire, Je ne peux plus ― hélas ! pourquoi ? ― Aller à la messe et m’y plaire. Mais, comme moi, le populaire En vain semble se détacher De sa croyance séculaire : Le Français tient à son clocher. On proscrit Dieu de par la loi ; Les curés privés de salaire Sont condamnés sans nul pourvoi ; Le progrès toujours s’accélère Du dogme laïque et scolaire. Mais au peuple on a beau prêcher L’impiété par circulaire : Le Français tient à son clocher. Priant pour tous, priant pour moi Le ciel qui doit être en colère, L’angelus nous verse l’émoi, Quand, parmi l’or crépusculaire, Vibre la cloche lente et claire. L’hirondelle, pour s’y nicher, Aime l’ogive tutélaire : Le Français tient à son clocher. ENVOI Vous qui menez notre galère Et la faites si mal marcher, Allez tous vous faire lanlaire ! Le Français tient à son clocher.
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