Poème
Si, comme aux vents désignés par la rose...
par Robert DESNOS
Ce cœur qui haïssait la guerre
Si, comme aux vents désignés par la rose Il est un sens à l’espace et au temps, S’ils en ont un ils en ont mille et plus Et tout autant s’ils n'en possèdent pas. Or qui de nous n’imagine ou pressent, Ombres vaguant hors des géométries, Des univers échappant à nos sens ? Au carrefour de routes en obliques Nous écoutons s’éteindre un son de cor, Toujours renaissant, toujours identique. Cette vision du ciel et de la rose Elle s’absorbe et se dissout dans l’air Comme les sons dont frémit notre chair Ou les lueurs sous nos paupières closes. Nous nous heurtons à d’autres univers Sans les sentir, les voir ou les entendre Au creux été, aux cimes de l’hiver, D’autres saisons sur nous tombent en cendre. Tandis qu’aux vents désignés par la rose Claque la porte et claquent les drapeaux, Gonfle la voile et sans visible cause Une présence absurde à nous s’impose Matérielle, indifférente et sans repos.
Commentaires (1)
Bouffon du temps révolu ------------------------------ Le vieux farceur à la face lunaire Est invité dans le château d'azur ; On a fixé des tentures aux murs Pour accueillir ce seigneur débonnaire. Au ciel d'argent montent les cerfs de gueules, Dans le cellier mûrit le vin nouveau ; Faites rôtir à la broche les veaux, Vous donnerez aux valets ce qu'ils veulent. Rieurs, mangeurs, à la lueur des flammes, Autour du pitre assemblés pour un soir : Ne dites point que l'homme est sans espoir, Quelques bons mots font la joie de son âme.
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