Poème
Si je mourais là-bas...
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt Un obus éclatant sur le front de l'armée Un bel obus semblable aux mimosas en fleur Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace Couvrirait de mon sang le monde tout entier La mer les monts les vals et l'étoile qui passe Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace Comme font les fruits d'or autour de Baratier Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie - Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur - Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur Et sois la plus heureuse étant la plus jolie Ô mon unique amour et ma grande folie 30 janvier 1915, Nîmes. La nuit descend On y pressent Un long destin de sang
Commentaires (2)
Immortel; Immortel , Guillaume APOLLINAIRE dit Adieu à la vie à l'Amour , son coeur parle avec courage, sincérité et exprime la force de l'amour pour LOU. La souffrance est partagée dans cette lecture qui touche l'homme au plus profond de lui même.
grand poète devant l'éternel , chanté merveilleusement bien par notre jean ferrat irremplaçable lui aussi !
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