Poème d’un membre
Sous les ondes verdoyantes
par guillaumePrevelMembre
Sous l'océan aux vagues glacées Sous les ondes verdoyantes Et le roulis incessant à l'usure brûlante Flottent des corps étranges, par les siècles abîmés Le souffle vital ne soulève plus leur spectrale poitrine Le sang évaporé ne bat plus dans leurs veines Ils lévitent silencieusement parmi les sardines et les baleines Morts, ils ont oublié l'odeur du tabac dans leurs narines Le navire qu'ils servaient les retient prisonniers Depuis le jour du combat violent et fatal Qui les a plongé au fond des eaux parmi les rorquals La fière carène du brigantin finit lentement de se disloquer Les algues vertes, marrons et violettes Entrelacent leurs jambes et leurs bras maigres Et leur cage thoracique d'où s'élève un sifflement aigre Anime bizarrement leurs vies fantomatiques de squelettes A certaines heures, leurs visages semblent encore sourire Avec le jeu des ombres, de la lumière déclinante Qui se faufile dans les eaux troublantes Où ils ne cessent éternellement de mourir Parfois, certains membres de l'équipage Pardonnés par les cieux se disloquent et tombent comme la neige Sur le fond sablonneux d'un blanc beige Pour eux, le repos semble venu après ce long hivernage Ils ont péri sans avoir donné le moindre coup d'épée Coulé par le fond par un tir des plus précis Sous la ligne de flottaison, qui était sans merci Alors, ils se sont vus mourir comme tous les noyés Privés du souffle vital de l'air, se débattant dans la mer, Leurs poumons se sont remplis d'eau salée Ils ont imploré leur mère et le ciel dans un dernier élan de piété Avant de s'engouffrer, ivres de mort dans l'abîme amer des enfers. 23 août 2020
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