Poème d’un membre
Sous les toits d'un ciel bleu
par ATOSMembre
Les formes se grisent sous des lumières vagabondes. La ronde est triste et la terre se creuse de mots creux. Il pleut et je voudrais le silence. J'ai cru l'aurore et entendu des capitaines douteux, j'ai vu le capitole d'un corps et deviné sa longue robe d'écailles bleues. A l'effroi d'un sort j'ai vu l'écho longer la paroi de mes yeux. Fagots de peine. Entre filets et cordes de lustre Brume satin aux épaules jetées sous l'éploi. La pierre qui plonge dans mes pas décoche ce que je crois. Les rêves se donnent à Baal dans la partance des linges froids. Les ombres dansent dans les cendres sous la tremblance de nos doigts. Les rêves passent et je redoute le silence. Il pleut sous des toits immenses d'un ciel bleu. A la noire des lignes je revis l'ivre partance de mémoire. L'étincelant hasard qui décroit presse sa main aux barreaux de l'absence. Il pleut, et on épingle des rêves sur un chemin où se dresse la potence du miroir. Je n'ai rien vu- et pourtant, su, dans les mailles cernées de la nuit quelques anges arracher l'étrange dérive du monde à la barque intrépide du rêve. Il pleut et ce n'est plus en eux.
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