Poème
Tempête
par Jules BRETON
L'orage s’amoncèle et pèse sur la dune Dont le flanc sablonneux se dresse comme un mur. Par instants, le soleil y darde un faisceau dur De rayons plus blafards qu'un blême éclat de lune. Les éclairs redoublés tonnent dans l'ombre brune. Le pêcheur lutte et cherche en vain un abri sûr. Bondissant en fureur par l'océan obscur, L'âpre rafale hurle et harcèle la hune. Les femmes, sur le port, dans le tourbillon noir, Gémissent, implorant une lueur d'espoir... Et la tempête tord le haillon qui les couvre. Tout s'effondre, chaos, gouffre torrentiel ! Sur le croulant déluge, alors, voici que s'ouvre En sa courbe irisée un splendide arc-en-ciel.
Commentaires (1)
Hexapode élégant -------------------- Il marche dans la plaine, il trotte sur la dune, Il sait se faufiler par la brèche d'un mur ; Par les petits sentiers dont les cailloux sont durs, Il s'avance à minuit, progressant sous la lune. Près des étangs perdus où croupit une eau brune, L'hexapode élégant construit un abri sûr. Il est presque invisible, en son refuge obscur, Il ne reçoit jamais de visite importune. S'il vient un cauchemar, tel un tourbillon noir, Il s'éveille, et bientôt retrouve son espoir ; Il sourit aux taillis qu'un silence recouvre. Une ruche, au matin, lui offre un peu de miel ; Il reprend son errance en bénissant le ciel, Tandis que, devant lui, un étroit chemin s'ouvre.
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