Poème d’un membre
Tisons
par ATOSMembre
La mer relève ses jupes de Satan ! Mon âme, mon frère, un soleil ovule sa face de verre. Il serre son trident contre ses flancs. Une griffe rouge grève les sables. L'ocre est en chemise sur la dalle du temps. Mon frère, mon âme, ouvre le battant ! Regarde ça - droit devant ! ça se dessine dans les entrailles ça se déchire sur la toile. ça entre par les ports ça vient souffler la sieste de belle ville. Mon âme, mon frère, La terre est une épave, Mais putain on va se dire... Plus rien, t'entends ? plus rien..que Vivant. Eos tire le voile ! Eos encorne les dunes de ta veine de diamant pal ! Ramène les filins de Satan ! En rayon et en lames Mise en chair dans l'orpiment d'un ciel naissant ! Mon frère, mon âme, dans le carbure des cursives, dans la salure de nos armures, sous la nacre fortune de l'astre Croisons le faire dans le chenal du monde, et qu'à travers l'accroc d'un nouveau jour, une bouche de sel pose des lèvres de sang sur la grande gueule du jusant. Mon âme, mon frère, il fait peau rouge contre tambours. Je n'aurai, un jour plus de lettres pour t'écrire mes mots Tu n'auras, un jour plus de feu pour me dire ton eau. Alors écoute, Mon frère, écoute, mon âme, Toute cette musique qui nous rentre par les flots ! Chique tes tropiques sous la grande Voûte ouverte et balance tes prunelles sur l'or paille de ce divan. Mon frère, mon âme, jetons à la mer un filet de chair et de feu entre l'émail des cieux. Et si, demain, potence se dresse à la botte de sept lieux, dis toi, qu'on aura au moins eu au fond des poches de nos yeux, la jouissance de ce soleil en outrance qui matin a crevé l'oeil des dieux. Extrait du recueil "Ynys Avallach", Les éditions du Littéraire - La bibliothèque de Babel juin 2014 - ISBN-13 : 978-2919318223

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