Poème
Vénerie
par Tristan CORBIERE
Ô Vénus, dans ta Vénerie, Limier et piqueur à la fois, Valet-de-chiens et d'écurie, J'ai vu l'Hallali, les Abois !... Que Diane aussi me sourie !... À cors, à cris, à pleine voix Je fais le pied, je fais le bois ; Car on dit que : bête varie... - Un pied de biche : Le voici, Cordon de sonnette sur rue ; - Bois de cerf : de la porte aussi ; - Et puis un pied : un pied-de-grue !... Ô Fauve après qui j'aboyais, - Je suis fourbu, qu'on me relaie ! - Ô Bête ! es-tu donc une laie ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bien moins sauvage te croyais !
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Divinités farceuses ----------------- Aphrodite, en plaisanterie, Envoie de beaux rêves, parfois ; Quelques bacchantes en furie Qui mettent un coeur aux abois. Artémis, dans sa pruderie, Montre les animaux des bois ; Amusante ménagerie, Je suis content quand je les vois. Dans ces oniriques exploits, Ce qui compte, c'est la poursuite ; On ne demande pas, je crois, En quoi peut consister la suite.
Leçons de danse -------------------- Ce sont leçons de rêverie, Ou de gymnastique, parfois ; Les fines danseuses sourient Et ne me disent pas pourquoi. Elle n’ont pas de pruderie, Mais leur élégance est leur loi ; Ce sont de nobles égéries, Je suis content quand je les vois. J’observe leurs travaux pratiques Et leurs gestes acrobatiques ; Et leur maître, un charmant danseur. Elles sont mieux, sur cette piste, Qu’à déchiffrer la prose triste De quelques vaniteux penseurs.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/12/23/divinites-farceuses/
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