Poème d’un membre
À un aigle (d’après « L’Aigle » de Charles Gill)
par martineauMembre
En dépit de la cage où je t’avais jeté, tu plongeais dans l’effroi nombre de sentinelles, et sans que ma victoire eût vaincu ta fierté, ton regard convoitait les voûtes éternelles. Je voulus mettre un terme à ta captivité, car tes yeux, à la fin, n’avaient plus d’étincelles, mais quand j’ouvris la porte à ton bec affûté ton âme illumina le fond de tes prunelles. Sans doute observas-tu que j’étais déganté et que j’eusse péri sous tes serres cruelles. Allais-tu me soumettre à ta férocité comme tu l'avais fait à nombre de pucelles ? Tu demeuras encore un instant arrêté, avant de dégainer tes gigantesques ailes et de reconquérir l’espace inhabité. Que ne m'infligeas-tu de profondes séquelles ?
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