Poème
A ung Creancier
par Clément MAROT
Ung bien petit de pres me venez prendre, Pour vous payer: et si debvez entendre, Que je n'euz onc Angloys de vostre taille: Car à tous coups vous criez baille, baille, Et n'ay de quoy contre vous me deffendre. Sur moy ne fault telle rigueur estendre, Car de pecune ung peu ma bourse est tendre, Et toutesfoys j'en ay, vaille que vaille, Ung bien petit. Mais à vous veoir (ou l'on me puisse pendre) Il semble advis qu'on ne vous vueille rendre, Ce qu'on vous doibt: beau Sire ne vous chaille. Quand je seray plus garny de cliquaille, Vous en aurez: mais il vous fault attendre Ung bien petit.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.