Poème
C'est faict, mon coeur, quitons la liberté
C'est faict, mon coeur, quitons la liberté. Dequoy meshuy serviroit la deffence, Que d'agrandir et la peine et l'offence ? Plus ne suis fort, ainsi que j'ay esté. La raison fust un temps de mon costé, Or, revoltée, elle veut que je pense Qu'il faut servir, et prendre en recompence Qu'oncq d'un tel neud nul ne feust arresté. S'il se faut rendre, alors il est saison, Quand on n'a plus devers soy la raison. Je voy qu'Amour, sans que je le deserve, Sans aucun droict, se vient saisir de moy ; Et voy qu'encor il faut à ce grand Roy, Quand il a tort, que la raison luy serve.
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Sur le jardin et le long de la cour, Le vent d'hiver avec tristesse court. Celui qui a renoncé à l'ivresse, Au froid labeur on le voit qui s'empresse. Comme un fantôme errant, aveugle et sourd Qui hanterait le haut des vieilles tours, Je vais, dit-il, au hasard et je tresse Cette chanson de profonde détresse. Tel un squelette, il tremble dans la brume, Qui sait combien de douleurs il assume ? Peut-il prier, lui qui n'a pas la foi ? Qu'espère-t-il ? Il ne sait guère quoi. Mais il ressent (mon âme en est surprise) De la douceur dans cette froide bise.
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