Poème
C'estoit alors, quand, les chaleurs passees
C'estoit alors, quand, les chaleurs passees, Le sale Automne aux cuves va foulant Le raisin gras dessoubz le pied coulant, Que mes douleurs furent encommencees. Le paisan bat ses gerbes amassees, Et aux caveaux ses bouillans muis roulant, Et des fruictiers son automne croulant, Se vange lors des peines advancées. Seroit ce point un presage donné Que mon espoir est desjà moissonné ? Non certes, non ! Mais pour certain je pense, J'auray, si bien à deviner j'entends, Si l'on peult rien prognostiquer du temps, Quelque grand fruict de ma longue esperance.
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D'or au château transparent ----------------------------- Dans le ciel d'or, à la saison passée, Furent esprits invisibles, roulant De transparents matériaux, et coulant Un fin mortier aux couleurs effacées. Pierres par eux en hauteur amassées Font un palais qui n'est point rutilant, Mais sans couleur, et c'est horripilant, Nul n'en peut voir une image tracée. Un tel château est-il abandonné, Comme est un champ, quand il est moissonné ? Il est des gens qui de la sorte pensent. M'en approchant, m'est avis que j'entends Un châtelain sur sa lyre chantant ; Mais ce peut être illusoire semblance.
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