Poème
Celle qui m'a tant pourmené...
par Clément MAROT
Celle qui m'a tant pourmené, A eu pitié de ma langueur: Dedans son Jardin ma mené, Ou tous arbres sont en vigueur: Adoncques ne usa de rigueur, Si je la baise, elle m'accolle: Puis m'a donné son noble cueur, Dont il m'est advis que je volle. Quand je vei son cueur estre mien, Je mys toute crainte dehors, Et luy dys, Belle, ce n'est rien, Si entre voz bras je ne dors: La Dame respondit alors, Ne faicte plus ceste demande: Il est assez maistre du corps, Qui a le cueur à sa commande.
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