Poème
Contre celle qui fut s'Amye
par Clément MAROT
Ung jour rescripviz à m'Amye Son inconstance seulement, Mais elle ne fut endormie A me le rendre chauldement: Car des l'heure tint parlement, A je ne sçay quel Papelard, Et luy a dict tout bellement, Prenez le, il a mangé le Lard. Lors six Pendars ne faillent mye A me surprendre finement, Et de jour, pour plus d'infamie, Feirent mon emprisonnement. Ilz vindrent à mon logement: Lors se va dire ung gros Paillart, Par la Morbieu voilà Clement, Prenez le, il a mangé le Lard. Or est ma cruelle Ennemye Vangée bien amerement, Revange n'en veulx, ne demye: Mais quand je pense voirement, Ell'a de l'engin largement D'inventer la science, et l'art De crier sur moy haultement, Prenez le, il a mangé le Lard. Envoy Prince qui n'eust dit plainement La trop grand chaleur, dont elle art, Jamais n'eust dit aucunement, Prenez le, il a mangé le Lard.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.