Poème d’un membre
Cygne
par martineauMembre
Alors qu’au creux d’un saule est amarré l’étang, alors que l’eau se meurt et renonce à son règne, voici qu’un cygne pur hérite de l’instant et trône à la surface – où des cheveux se baignent. C’est un cygne sacré, que la naïade attend et pour qui elle a teint ses cheveux, et les peigne. Et voilà qu’il l’effleure – et la décoiffe autant – avant que d’effeuiller les algues qui la ceignent. ? Impossible entre nous, gémit-elle... en partant. Lui, il tait sa douleur – au point que rien ne saigne. C’est un cygne muet, mais dont le cœur s’entend chaque fois que l’eau dort et la nymphe se peigne. Alors qu’au creux du saule est amarré l’étang, alors que l’eau se meurt et que la rive règne, le cygne en majesté rejoint le cours du temps avec au fond des yeux deux larmes qui s’étreignent.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.