Poème
D'une Dame, à ung Importun
par Clément MAROT
Tant seullement ton repos je desire, T'advertissant (puis qu'il fault le te dire) Que je ne suis disposée à t'aymer: Si pour cueillir tu veulx donc semer, Trouve aultre champ, et du mien te retire. Brief, si ton cueur plus à ce chemin tire, Il ne fera que augmenter son martyre, Car je ne veulx serviteur te nommer Tant seullement. Tu peulx donc bien aultre maistresse eslire: Que pleust à Dieu qu'en mon cueur pusses lire, Là où Amour ne t'a sceu imprimer: Et m'esbahis (sans rien desestimer) Comment j'ay prins la peine de t'escrire Tant seullement.
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