Poème
D'ung se complaignant de Fortune
par Clément MAROT
Fausse Fortune, ô que je te vy belle: Las qu'à present tu m'es rude, et rebelle, O que jadis feiz bien à mon desir, Et maintenant me fais le desplaisir, Que je craignoys plus que chose mortelle. Enfans nourriz de sa gausche mamelle, Composons luy (je vous prie) ung Libelle, Qui picque dru, et qui morde à loisir Faulse Fortune. Par sa rigueur (helas) elle m'expelle Du bien, que j'ay: disant, puis qu'il vient d'elle, Qu'elle peult bien du tout m'en dessaisir. Mais en fin Mort mort me fera gesir, Pour me venger de sa Soeur la cruelle, Faulse Fortune.
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