Poème d’un membre
Dans son sein à elle
par CathyVoleMembre
La ville a chaud: tous ses habitants assemblés Forment les maillons de son coeur Comme jamais, ils sont restés Cousus à leur quartier, dans son sein à elle Les voilà comme des fleurs naissant des pavés Guidés par le soleil d'un printemps trop ardent Pour l'heure. Alors, pour ne pas les perdre Elle leur donne tout, sa chair, son âme, son sang Emue par leur présence Elle offre à ses enfants des vacances de pauvres De ses maisons, de ses cours, de ses talus, de ses parterres Elle ne garde rien, elle n'épargne rien Elle veille à ce qu'en ses entrailles Ses enfants qui ne sont que voisins forment une même famille La sienne. Même s'ils se connaissent peu Ils l'ont en commun elle, leur mère, leur patrie, et peut-être leur amie Elle s'émeut d'ailleurs de les voir attentifs A ses rues oubliées qu'ils redécouvrent seuls Empêchés de partir pour arrêter l'épidémie Ils réapprennent à vivre lentement, patiemment Un peu comme leurs aïeuls ceux qui vivaient cloitrés Et n'avaient qu'une demeure Mais les temps ont changé. De sous son marais, de sus ses clochers Elle les regarde tourner, penser, mourir. Beaucoup meurrent. D'autrent courrent. En ses murs, tant de vies Confinées dans la peur et l'ennui cherchent une porte Que veulent-ils donc fuir? Sous son couvre-lit de silence doucement elle respire Comme elle le fit toujours Distillant leurs désirs et filtrant leurs malheurs Elle repire pour qu'en elle s'accomplisse L'ancestrale alchimie Qui renouvellera ses forces Et sauvera ses couleurs Cathy De Plée - Bruxelles, Avril 2020
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