Poème d’un membre
La dinde de Goya
par CathyVoleMembre
Dort-elle ou est-ce son dernier soupir? Vénus animale dont le corps s'étire Avec nostalgie vers un ciel éteint Elle s'offre, gorge intacte, aile en désir Telle une femme nue qui n'attend plus rien Les yeux fermés sur un rêve brisé Le sein figé dans son manteau de geais Elle repose. Et le sol est sa couche Et ses jambes du bout des ongles touchent Ce même panier qui lui sert d'oreiller Et où, avoue-le spectateur, tu la vois Déjà déplumée. Toi qui dans cent ans Encore du regard la dégusteras Tu ne cesses d'expier ce crime que Goya Dément, commit par pitié en l'aimant Avril 2018 (composé après l'exposition "Natures mortes espagnoles" au Palais des Beaux Arts de Bruxelles)
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