Poème
Dans une Église
par Auguste BRIZEUX
La fleur de poésie éclôt sous tous nos pas, Mais la divine fleur, plus d’un ne la voit pas. Dans cette pauvre église, à l’heure du silence Où seule devant Dieu la lampe se balance, Un vieillard appuyé sur la grille du chœur, Les yeux baissés, priait du profond de son cœur, Et mes pas, qui troublaient les échos d’arche en arche, Ne firent point lever les yeux du patriarche. Puis, au bas de la nef où j’allais observant, À genoux à côté de ses livres d’enfant, Un petit villageois de six ans, à l’air d’ange, Les mains jointes priait aussi… concert étrange ! « Sous cette lampe pâle et par ce froid brouillard, Quel sombre désespoir tient courbé ce vieillard Et quel beau rêve d’or et d’azur, me disais-je, Éloigne de ses jeux l’enfant au front de neige ? Du vieillard, de l’enfant, lequel t’a mieux touché, Beau Christ aux bras ouverts de la voûte penché ? Quelle fleur en parfums plus suaves s’exhale. Seigneur, — la fleur du soir ou la fleur matinale ? »
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