Poème
De la jeune Dame, qui a vieil Mary
par Clément MAROT
En languissant, et en griefve tristesse Vit mon las cueur, jadis plein de liesse, Puis que l'on m'a donné Mary vieillard. Helas pourquoy? riens ne sçait du vieil art Qu'aprend Venus l'amoureuse Deesse. Par ung desir de monstrer ma prouesse Souvent l'assaulx: mais il demande, où est ce? Ou dort (peult estre) et mon cueur veille à part En languissant. Puis quand je veulx luy jouer de finesse, Honte me dict, cesse ma fille, cesse, Garde t'en bien, à honneur prends esgard: Lors je responds, honte, allez à l'escart, Je ne veulx pas perdre ma jeunesse En languissant.
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