Poème
Hé Dieux ! que le temps m’anuie...
Hé Dieux ! que le temps m’anuie, Un jour m’est une sepmaine ; Plus qu’en yver longue pluie, M’est ceste saison grevaine. Helas ! car j’ay la quartaine, Qui me rent toute estourdie Souvent et de tristour pleine Ce me fait la maladie. J’ay goust plus amer que suye, Et coulour pasle et mausaine ; Pour la toux fault que m’appuye Souvent, et me fault l’alaine. Et quant l’excès me demaine, Adonc ne suis tant hardie Que je boive que tysaine Ce me fait la maladie. Je n’ay garde que m’enfuye ; Car, quant je vois, c’est a peine Non pas l’erre d’une luie, Mais par une chambre plaine. Encor convient qu’on me maine, Et souvent fault que je die : « Soustenez moy, je suis vaine. » Ce me fait la maladie. Medecins, de mal suis plaine, Garissez moy, je mendie De santté qui m’est longtaine ; Ce me fait la maladie.
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