Poème d’un membre
Je m'en vais
par JuCharline83Membre
Je m'en vais au petit jour par les bois, Comme au-devant d'un jardin sans frontières. L'eau qui boise est sous chacun de mes pas, Murmurent en moi les vertes lisières. Ô je m'en vais librement pour rêver, Sur le chemin de verdure et de vie, L' enchantement, je m'en vais retrouver, Et parmi l'herbe en fleurs que je chéris Pieusement depuis que je suis enfant, Ma volonté est de n'être attentif Sous les arceaux verts des grands chênes blancs, Au milieu des buis, du houx et du if, Aux oiseaux discrets, au souffle du vent Et au chant calme et doux de la rivière Qui mènent au seul endroit où la mousse Recouvre tout un escalier de pierre, Sous la fougère éparse et la plus rousse. Non loin de là il est une clairière Comme bien gardé des bois un secret, J'y ai vu tous mes tourments s'envoler Et sa lumière baigneuse éclairer Mes sombres pensées, les plus désolées. Je voudrais retourner Dans ce lieu merveilleux Que je connais Pour avoir vu de mes yeux Une nuée de serpolets bleus. Si j'hésite a? m'en approcher C’est de peur d'arracher Les étoiles trop belles pour être cueillies. Je n'ai pas l'esprit aux bouquets, Car, plus vivants dans leur logis, Moins jolis sur le vernis du buffet, Je ne désire pas qu'au détour d'un bosquet Se ruent sur moi toutes les fées. Dans l'air des branches et des oiseaux Je repense a? mon vieil et fidel ami Qui collait son museau Sur les fleurs de ce paradis. Et déjà je sais qu'à la tombée De la nuit, quand je m'en retournerai, De la forêt, De la belle forêt pour rentrer, J'aurai le cœur plein de mon animal. A la maison, j'irai ouvrir la vieille malle Qui occupe le fond du grenier Et dégage un doux parfum d'oseraie. Juché? comme au haut d'un marronnier, Je me rappellerai, Je parcourrai les surfaces sensibles, Photographies de ce qui est révolu, Les aboiements dicibles Du chien que je n'ai plus. Je serai rien de moins qu'une larme a? mon œil, Sitôt que j'écrirai quelque chose de fleuri, Quelque chose d'autrefois sur une feuille, Quelque chose qui a fui, Mais qui au fond du couloir Luit du fond de ma mémoire.
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