Poème d’un membre
L’édile ou Combat VIII
par PhulanKileMembre
Qu’est ce donc que cet édile Maraud, fâcheux et pervers. De sa langue de vipère Il m’octroyait de sa grâce magnanime Un appel qu’il ne fit pas, subtil Reniant sa parole donnée A un délinquant présumé. Outré de tant de délicates attentions Mon esprit fâché, en fusion Oublia, de rage honteuse, de courroux De déplacer le rendez-vous Que le gardien de la paix avait paraphé Pour le lendemain au levé Quel sot ne suis-je pas D’être tombé dans ce panneau là Tendu par ma propre naïveté Et cet habile édile éhonté Piégé par ma trop grande croyance Aux beaux discours de politiques fades et rances Qui de leur superbe Méprisent la puissance du verbe Fou que de croire Au talent dans l’oratoire De cet être de fiel Je ne bougerai pas un cil De mépris, par fierté Pour obtenir sa grâce volatile Qui ne m'émut, ni n 'atteignit Psyché. Que de maux affreux Ne me suis-je pas affublés Par mon tord heureux D’être un homme entier Malhabile et fier Que même sa Raison ne sait pas taire Vexé par mes actes, je me calfeutre Sous cette scripturaire verve, ce doux calice Qui de ma conversation de pleutre La transforma, comblant ma plume lisse En traits, flèches et piques Adressés à cet élu épique Qui me condamnant de son chapitre Me fit comprendre la nécessité de cette épître Missive rageuse contre moi-même Cela n’enlève rien à la hardiesse de la verve Employée dans un vocabulaire châtié et blême A la rédaction de cette lettre peu mièvre Qui de l’attitude d’un maire dorénavant honni S’est imprégnée pour accoucher en mon esprit. Peiné non par le risque mais par mon acte. J’ai vu le maire trop beau, et ses compétences royales M’ont aveuglées par l’exposé de tant de tact Qui me rendit, à son jugement, féal.
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