Poème
La Chanson du Cloutier
par Auguste BRIZEUX
Sans relâche, dans mon quartier, J’entends le marteau du cloutier. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Voyez ses bras noirs et luisants Retourner le fer en tous sens. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Jamais il ne voit le ciel bleu, Mais toujours la forge et son feu. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! C’est pour sa femme et ses enfants Qu’il fait tant de clous tous les ans. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Grands clous à tête et petits clous. Oh ! combien de fer pour deux sous ! Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Rarement le cabaretier Voit dans sa maison le cloutier. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Mais, le dimanche, il chôme enfin, Et chante à l’office divin. Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe ! Que Dieu, dans son noir atelier. Dieu bénisse cet ouvrier ! Le jour, la nuit, son marteau frappe ! Toujours sur l’enclume il refrappe !
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