Poème d’un membre
L'amiante
par turiaMembre
Notre vie tient vraiment à un fil Ce jour, sortant d’une visite hospitalière qui me fut cruel, Car s’agissant d’un ami fidèle, pris dans la tourmente macabre Je rencontre par Hazard, un camarade d’usine, Un frère de classe, et qu’elle ne fut ma peine, D’apprendre que lui aussi était attaqué par cette tueuse silencieuse, Dont l’amiante est le mal et l’origine qui le ronge Mais qui me ronge aussi, Car mettant devant moi, l’évidence de ma lâcheté, Devant ce combat mené, mais inachevé Mettant en exergue mon abandon devant la mission, Qui mettait assignée » tout faire pour protéger », Mes camarades faces à l’excès de travail Et devant la salubrité de celui-ci Parfois nous ne mesurons pas avec assez de force Notre faiblesse Pour une tache qui reste inachevée Notre défaitisme face à notre ennemi, Nous rend complice de ces malfaçons Puis voilà, le résultat, Les camarades paient très chers, Le prix de notre abandon Honte à nous pour la mission inachevée, Oubliée enfuie au fond d’un tiroir, Ou dans un fond de grenier, Soumis à la critique des souris Honte aussi aux délégations syndicales, Qui ne mettent pas assez en valeur leurs poids, Leurs forces et leurs savoirs dans la bataille à livrer Honte à tous ceux qui ferment les yeux, Devant le drame, Qui se joue, Qui reste aux balcons, attendant que l’orage passe Honte à ceux qui savent à qu’elles danger sont exposés, Les travailleurs Et ceux qui se taisent au nom du profit Honte aussi, dans la société à ceux qui crient, Ou qui aboient que les ouvriers exagèrent, Et qu’ils feraient mieux de travailler plus et plus longtemps, Certainement jusqu’à la mort Honte aussi à ceux qui croient Que c’est notre lot est de travailler, Dans ces conditions inhumaines Honte à nous, honte à eux, honte à vous, Vous qui tirent les ficelles de la vie Honte, honte, honte, quel honte Agro salvatore
Connectez-vous pour laisser un commentaire.