Poème d’un membre
Le Prince birman
par guillaumePrevelMembre
En ce lieu mystérieux que tout le monde ignore, Où des anges pensifs veillent silencieusement, Sous les feuillages d’or que le soleil colore, Dort la tombe oubliée d’un prince d’Orient. Le vent du petit jour vient tristement murmurer À travers la voûte végétale et profane, Comme un fantôme mélancolique et mélomane Qui pleure le souvenir de son règne terminé. Au fond de la cruelle fosse, Creusée en toute hâte sous la pâle lune, Brûlent encore la chair et les os De celui que la mort arracha à la fortune. Pauvre adolescent qui, à la place du cœur, Garde encore dressée, dans sa poitrine blême, La dague sépulcrale, bras armé d’une rancœur, Qui le fit mourir loin de son royal diadème.
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