Poème
Le Village de Marie
par Auguste BRIZEUX
Qand près de vos maisons je passe tout rêveur, Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur, Je suis un amoureux, et non pas un voleur. C’est ici, dans cette bruyère, Qu’enfant, je poursuivais naguère Une enfant, comme moi légère. Où nous courions tous deux, seul je viens, ô douleur ! Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur. Je suis un amoureux, et non pas un voleur. Sa coiffe flottant autour d’elle, On eût dit une tourterelle Qui vient de déployer son aile. Hélas ! l’oiseau sauvage a trouvé l’oiseleur ! Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur, Je suis un amoureux, et non pas un voleur. Et le dimanche, au bourg, plus d’une Disait, jalouse : « Cette brune Sera la fleur de la commune. » Ô brune enfant qu’un autre aspira dans sa fleur !… Bonnes gens du Moustoir, n’ayez point de frayeur, Je suis un amoureux, et non pas un voleur.
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