Poème
Non je ne veux plus faire résonner les mots comme autrefois
par Jacques PREVEL
Avec la presque totalité d'un monde délirant
Non je ne veux plus faire résonner les mots comme autrefois Avec cette férocité qui me broyait le coeur Je suis assis ce soir Le dix-neuf mars mille neuf cent cinquante Dans mon vieux fauteuil de malade Et je regarde la nuit qui tombe Mon chat est entré en tapinois Je le flatte C'est mon seul ami de ces jours de deuil Eloigné en exil Avec la presque totalité d'un monde délirant Cette douleur au poumon droit Et l'impossibilité d'écrire Et tout ce que j'ai perdu dans cette conquête Ma force la joie de vie et mon amour et Même le bruit du vent et de la pluie
Commentaires (2)
Ce poème est recueilli dans le volume de "Poèmes" publié en 1974 par Bernard Noël chez Flammarion. Mais figurait-il, s'il vous plaît, dans un des livres de l'auteur publiés de son vivant ("Poèmes mortels", "Poèmes pour toute mémoire", "De colère et de haine") ou posthumes ("En dérive vers l’absolu", "L'été tout en larmes") ? Merci d'avance pour votre réponse.
Bonjour Très joli poème de mon grand-père Merci de penser à lui
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