Poème
Ô traistres vers, trop traistre contre moy
par Etienne JODELLE
Ô traistres vers, trop traistres contre moy, Qui souffle en vous une immortelle vie, Vous m'apastez et croissez mon envie, Me déguisant tout ce que j'apperçoy. Je ne voy rien dedans elle pourquoy A l'aimer tant ma rage me convie : Mais nonobstant ma pauvre ame asservie Ne me la feint telle que je la voy. C'est donc par vous, c'est par vous traistres carmes, Qui me liez moy mesme dans mes charmes, Vous son seul fard, vous son seul ornement, Ja si long temps faisant d'un Diable un Ange, Vous m'ouvrez l'oeil en l'injuste louange, Et m'aveuglez en l'injuste tourment.
Commentaires (2)
Chanson de toile _____________ J'écris ces vers, disant un peu de moi, De mes amours, de mon art, de ma vie ; Rien n'y verrez qui puisse faire envie, Tout le premier, mon coeur s'en aperçoit. Je ne comprends pas tous les jours pourquoi La muse auprès du clavier me convie ; Mon écriture, aux rimes asservie, Avec plaisir chante, à ce que je vois. Soit pour le rire ou pour les tièdes larmes, Pour le bonheur ou l'ennui qui désarme, De ce pinceau viennent des ornements ; Beauté du diable ou drame de l'archange, Plaisanterie ou vibrante louange : De cette plume en surgit le roman.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/07/06/chanson-de-toile/
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