Poème d’un membre
Peindre
par marisolleMembre
Peindre quel curieux état que celui de peintre. Peindre non ce que je vois, mais ce qui est en moi. Ce sens caché, ces secrets enfouis, qui pour les autres sont barguignage et pour moi, lumière d'un soir, ou d'un jour. Soleil bleu, orange noir, ou l'inverse, animaux fabuleux sortis de ma mémoire, sans y être jamais entrés mais qui sur la toile, le carton, ou le papier, se déplient au gré de ce jus épais sous le couteau de l'artiste, en arabesques maudites qui prennent sens ou non, aux yeux des profanes, qui ne comprennent pas. Peut-être ne comprennent-ils pas, mais voient-ils ? Voient-ils ce qu'ils ont envie de voir ? Peuvent-ils enfin percevoir dans ce dédale de couleurs qui s'enlacent, s'entrelacent se télescopent, se fondent, s'évadent ou se terrent, peuvent-ils percevoir un morceau de leur âme, ou un élan de leur coeur ? enfin, la découverte d'un monde infini, à l'infini coloré, tarabusté, heurté ou coulé doucement comme sable sous la vague, voient-ils quelque animal fabuleux dans ces traces de couleur, assemblage hétéroclite parfois de teintes disjointes, détonantes, mais qui rendent toujours harmonie de musique aux yeux des regardants, demandeurs de merveille et trouveurs d'idéal.
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