Poème
Pièce 73 — A un sot Rimeur, qui trop l’importunoit d’aymer
Tu te plains, que plus ne rimasse, Rien qu’vn temps fut que plus aymasse A estendre vers rimassez, Que d’auoir bien sans rime assez : Mais ie voy, que qui trop rimoye, Sur ses vieux iours en fin larmoye. Car qui s’amuse a rimacher, A la fin n’a rien a mascher. Et pource donq rime, rimache, Rimone tant, & rime hache, Qu’auecques toute ta rimaille N’ayes, dont tu sois marri, maille : Et tu verras qu’a ta rimasse Comme moy feras la grimace, Maudisant & blasmant la rime, Et le rimasseur, qui la rime, Et le premier, qui rimona, Pour le grand bien, qu’en rime on ha. Et tu veux qu’a rimaillerie Celui, qui n’aura maille, rie ? Ie te quitte, maistre rimeur, Et qui plus ha en sa rime heur, En rime los, en rime honneurs, Ensemble tous telz rimonneurs. [Note : Attribution incertaine. La lecture « Rien » au deuxième vers est conservée ; elle semble être une coquille pour « Bien ».]
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