Poème
Si le simple enfançon, et le fol irrité...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Si le simple enfançon, & le fol irrité Ne craignent de la mort l’indomtable puissance, Sages, aurons nous moins de force & d’asseurance Qu’en fournit leur sottice & leur simplicité ? L’homme engendré du tems, voit de necessité Empires, & Citez fleschir leur arrogance Sous l’arrest de la mort, moy-mesme je m’avance Pendant que je devise, au trespas limité. Chacque heure, chacque point de ceste foible vie Ostant l’homme à soy-mesme, au tombeau le convie Ce pendant sur la terre asseurant ses discours. Bien que par le menu à tout coup il trespasse Redoute incessament qu’une fois ne se face Ce qu’il souffre à toute heure, & se fait tous les jours.
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Clown de Verlaine -------------------- Je suis le clown malin, je peux tout imiter; Je manie de l’humour l’indomptable puissance, Je trouve au fond de moi la force et l’assurance Sous couvert de sottise et de simplicité. Je plaisante à loisir, et sans nécessité, Oubliant tout respect, cultivant l’arrogance; Le public indigné recule quand j’avance, Car mon esprit moqueur ne sait se limiter. Chaque heure, chaque instant de ma clownesque vie Me dérobe à moi-même, au tombeau me convie, Une saveur funèbre imprègne mes discours. Le clown, tel le Sauveur qui sur sa croix trépasse, Se moque de Tartuffe et de ses messes basses ; Il vit selon la Loi qu’il prêche tous les jours.
Quatre récits -------------- Ces quatre narrateurs, qui peut les imiiter ? Ils ont vu de l’amour la secrète puissance, Ils ont vu d’un errant la tranquille assurance ; Ils racontent cela, dans leur simplicité. Était-ce pour le monde une nécessité De faire à des puissants perdre leur arrogance ? Les écrits d’autrefois ont répondu d’avance, Eux qui vont décrivant le monde illimité. Quand cet arbre de mort devient arbre de vie, L’homme voit qu’un Sauveur au jardin le convie, Dont les quatre témoins rapportent le discours. Le livre est un garant qui jamais ne trépasse ; Il suffit qu’un lecteur le récite à voix basse Pour qu’il porte avec joie la pesanteur des jours.
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