Poème
Tantost la crampe aus piés, tantost la goute aus mains...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Tantost la crampe aus piés, tantost la goute aus mains, Le muscle, le tendon, et le nerf te travaille ; Tantost un pleuresis te livre la bataille, Et la fievre te poingt de ses trais inhumains ; Tantost l’aspre gravelle espaissie en tes reins Te pince les boyaus de trenchante tenaille : Tantost une apostume aus deux poumons t’assaille, Et l’esbat de Venus trouble tes yeux serains. Ainsi en advient il à quiconque demeure En la maison d’autruy, mais s’il faut que tu meure, Tu deviens aussi tost pensif et soucieus : Helas aimes tu mieus mourir tousjours en doute Que vivre par la mort ? celuy qui la redoute Ne fera jamais rien digne d’un homme preus.
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