Poème d’un membre
Un air perdu
par ATOSMembre
J'avais cet air entendu avec lequel on s'accroche à vos barrières. Cet air entendu au bras de la misère et qui pose sur le zinc le lustre de ses chimères. J'avais cet air bien entendu dans la classe des gosses perdus au tableau noir des petites choses convenues. J'avais cet air entendu du derrière de vos portes qui se referment sur les cris de vos jeunesses mortes. J'avais cet air entendu à vos orgies paroissiales, aux bals des bouches cousues, à vos motus de laine, sous une douche de souffre. J'avais cet air entendu dans la gueule de vos troupes, dans la marche de vos cuivres, aux cols pendus à vos soutanes. J'avais cet air entendu de vos navires fantômes, de vos halls sans égard. J'avais cet air entendu qui enraillait mon âme, et qui brûlait sans parole toutes les forets de ma gorge. J'avais cet air bien entendu. et ce matin, je n'en veux plus. Alors je dessine à ma table un sourire dans ce présent revenu. Et ce visage que je respire embrasse tous les soleils qui ouvriront les grilles de vos rues.
Connectez-vous pour laisser un commentaire.