Poème
Un conte
par Robert DESNOS
Le petit poucet perd une multitude de clefs dans le sentier ténébreux de la forêt Voilà pourquoi tant de portes se ferment Pourquoi votre porte est fermée Frappe à la porte à la fenêtre Une lueur se promène de la cave au grenier On entend le souffle de votre sommeil Êtes-vous prisonnière dans votre maison ? Les ténèbres de la forêt ne vous appellent-elles pas ? La clef des champs est perdue alors forcez la serrure Réveillez-vous Ne respirez plus si tranquillement Mais surtout surtout éteignez cette lumière qui se promène quand vous dormez qui se promène de la cave au grenier.
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Dans les parages de l'inframonde ------------------------------------ Pour entrer au souterrain, Pas de clé ni de serrure ; Mais faut savoir l'écriture Du grimoire souverain. Le trident garde la porte Sans que le tienne un gardien, Il vous frappe pour un rien, Ne parlez pas à voix forte. Le chien, le lion, le cheval Poseront des devinettes Aux réponses pas bien nettes : Ils tricheront, c'est normal. Pour visiter les tréfonds De ce jardin des supplices, Mieux vaut être le complice Des dragons et des griffons.
Baronne serrurière -------------------- Son compagnon est une fine lame, Il est très fort, il est charmant et beau ; Elle détient les clés du vieux château Et le bûcher aux vigoureuses flammes. Héphaïstos a parlé à son âme, Lui qui menait les démons en troupeaux, Lui qui portait d’Olympe le drapeau, Que n’aurait-il donné à cette femme ! Quelques leçons prises chaque matin De la serrure expliquent les rouages ; Et comme un feu qui jamais ne s’éteint, La connaissance, à la personne sage, Donna pouvoir sur l’aveugle destin ; Serrurerie devint son apanage.
Rouage exoplanétaire ------------ Un court segment tranchant comme une lame Semble usiné par un subtil robot ; Ça brille un peu, mais ce n’est pas très beau, Et par instants, c’est chaud comme une flamme. Qu’as-tu donc fait, petit robot sans âme, Cela peut-il soulever des fardeaux ? Cela sert-il à fermer un rideau ? C’est un peu bref pour être un arbre à cames. Ta planète a des soirs et des matins, Toi, nuit et jour, tu fais des engrenages ; Et ton moteur, jamais tu ne l’éteins. Trimer toujours, tel est ton apanage, Tu ne voulus jamais d’autre destin ; Si tu vas mal, on t’offre un dépannage.
Idéogramme indéchiffrable ------------------------ Je fis diverses conjectures Pour lire ce glyphe inconnu ; Mais je n’y suis point parvenu, Déroutante est cette écriture. Ce lieu, c’est une sépulture Où repose un cadavre nu ; L’homme qui fut druide chenu Aux siècles servit de pâture. Près de lui dort son grand cheval, Témoin de ses dernières heures ; Alentour, des fantômes pleurent. Sous un grand soleil estival, Les tombeaux gardent leur mystère ; Que signifie ce caractère ?
Deux clés sur une table --------------------- Un trésor est dissimulé Ici, ce n’est pas un mystère ; Soit dans la cave au sol de terre, Soit au fond du grenier à blé. À ce pactole accumulé Ont prétendu deux légataires ; Pour ce, nul besoin de notaire, D’un coffre il faut trouver la clé. J’en vois deux, semblables entre elles ; Une à chacun devrait échoir, Celle du trésor, c’est laquelle ? Impossible de le savoir ! L’un des deux héritiers modèles À ce jeu va se faire avoir.
Anneaux du savoir ---------------------- Apprendre, c’est ton vrai désir, La chose est à ton avantage ; Accroche-toi, disciple sage, Tu auras du lourd à saisir. Tu ne pouvais pas mieux choisir Et donc tu dois prendre courage ; Il faudra te mettre à l’ouvrage Auquel tu vas prendre plaisir. Cette chaîne jamais brisée Sera par tes pareils prisée ; Bienheureux, celui qui apprend. Ne sois donc jamais réfractaire, Tout au long de ta vie sur terre ; Retiens tout ce que tu comprends.
Hyperpalmipède ------------ Je suis un emplumé landais, Une chimère saugrenue ; Ma nature est-elle connue ? Ma foi, je me le demandais. Si quelque chose en dépendait, Toute info serait bienvenue ; Même parmi les plus ténues, Si sur la chose on s’entendait. J’aime une dryade, une fée, Je lui parle à voix étouffée: Elle me nomme « Biscornu ». Vienne l’aurore aux doigts de rose, Je ferai son éloge en prose Et mon coeur sera mis à nu.
Priez moins, aimez plus!
Tu ne tueras point en détail mais en gros !
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