Poème d’un membre
Un lange de laine
par ATOSMembre
Le corps en veille dans un recueil de gestes un homme qui veille cloué sur un rocher l’ homme qui parle au corps halluciné le corps qui pleure bouleverse l’encrier Un corps qui s’ouvre est-ce parole en vérité ? Ses mains sont les brindilles de son bel arbre brisé. La nuit est à sa fenêtre penchée. Le temps n’est que du sable dans un homme sablier en dedans prisonnier dehors en corps la vie en Autre tout devient soudain si proche mais à son corps étranger. Le possible blotti dans un regard et c’est l’enfance dessinée. L’homme garde l’enveloppe de son adresse bombardée. Il n’est que chair et n’est plus que pansé pensé par d’autres jamais écouté l’homme qui parle ne dit rien comment trouver le mot d’une fin dans un matin-papier-ma?hé ? La vie tient à son souffle au bout du fil les mots s’égouttent le regard à sa fenêtre l’homme revoie son corps se balancer Il marche comme dans un rêve avec deux jambes brisées. La vie n’est plus qu’ un désert en traversée. Du lit à la fenêtre combien de pas pour se jeter ? La question frappe aux quatre coins de ce béton armé. Jouir, courir, désirer, saisir, embrasser il marche dans le verbe d’un pronom personnel implosé. Refuser, repousser, se dresser, exploser, se lever il court dans un verbe au pronom personnel projeté. Sourire, accepter, obéir, dépendre, attendre, entendre il vit dans un verbe au pronom personnel imposé. Du lit à la fenêtre se déroule toujours son geste. De sa tête jusqu’au ciel la nuit découle de ses pensées. Chaque grain d’une heure a le poids de son passé. Un corps en veille dans son cercueil de gestes pense toujours sa liberté. Choisir, partir, quitter, se délivrer il parle de son verbe au pronom personnel refusé. Un cœur au bord de sa fenêtre écoute en corps l’oiseau chanté. Il ne sait vivre qu’avec un bout du ciel à son côté.
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