Poème d’un membre
Vers l'Orient
par ibn-nanardMembre
Aurore a revêtu son aube de rosée Ale sommeille encore dans ses noirs crépuscules Une douce brume berce notre envolée Des collines de sable à nos paupières ondulent. Les dieux nous font escorte aux pierres nébuleuses D’Apamée la secrète; la citadelle veille Sur les millénaires envolés, ténébreuse, Nos pas divaguent sur les sentiers de corneilles. Nos culs posés sur le roc, le vin du Liban, Deux petits chats espiègles en quête de miettes, Nous fîmes un festin digne de Chanaan Sous un ciel de laitance, à la bonne franquette. Qalaat el-Moudiq, une fée rouge rose Nous jette un sortilège aux charmes planétaires. Puis la route du Ghab jusqu’aux pierres calcaires Du Djébel Zawiyé, aux beautés amauroses. La ville s’est pendue dessous les oliviers, Al-Barah, ville morte, et nos pas dans la glaise Se perdent aux frontons d’églises mausolées, Ruines grises qu’un soleil vespéral apaise. Et la nuit nous surprend vers la ville éminence Aux souks envoûtés, halte des commerçantes Caravanes de soies, de l’Inde et de Byzance. Épices et savons, fragrances entêtantes. L’Euphrate nous fait signe comme une espérance, Fleuve légendaire dompté par les humains, Ses berges ondoyantes appellent nos errances Sur des chemins de terre, ocres, verts, incertains. Je sais tous les éden et les eldorado Un beau soleil d’orage engendre l’arc-en-ciel Les collines alentour s’étagent crescendo Le fleuve d’Arménie baigne un pays de miel Un paysage d’eau doucement nous éveille. Sur la terre safran où des bédouins s’affairent Paissent de grands troupeaux que des enfants surveillent Ô Euphrate, ô langueur, préserve tes mystères!
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