Poème
À Monseigneur le cardinal de Richelieu
À ce coup, nos frayeurs n’auront plus de raison, Grande ame aux grands travaux sans repos adonnée ; Puis que par vos conseils la France est gouvernée, Tout ce qui la travaille aura sa guérison. Tel que fut rajeuny le vieil âge d’Eson, Telle cette princesse, en vos mains resignée, Vaincra de ses destins la rigueur obstinée, Et reprendra le teint de sa verte saison. Le bon sens de mon Roy m’a tousjours fait prédire Que les fruits de la paix combleroient son empire, Et comme un demy-dieu le feraient adorer ; Mais, voyant que le vostre aujourd’huy le seconde, Je ne luy promets pas ce qu’il doit espérer Si je ne luy promets la conqueste du monde.
Œuvres poétiques de Malherbe, éd. Prosper Blanchemain, Flammarion, 1897 (texte de l’édition de 1630)
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